La Vallée Suspendue c’est le rêve d’un espace de préservation, de rénovation et de création où chacun aura la place de s’épanouir individuellement et collectivement.

Ce rêve s’est concrétisé en 2019 sous forme d’une association loi 1901 fondée par 21 personnes qui a fait l’achat d’un bout de vallée à Dompnac, en Ardèche du Sud.

C’est l’opportunité d’être à proximité de la beauté sauvage, rénover ses châtaigneraies et préserver le patrimoine naturel ardéchois tout en s’essayant à construire notre petit bout d’utopie fait de structures réversibles, carrés potager, sentiers poétiques et artistiques.

C’est la liberté de proposer, bricoler, expérimenter, façonner un espace de vie qui nous ressemble, dans le respect et la bienveillance.

Le Terrain

Située dans le sud de l’Ardèche, la vallée est à l’image de cette dernière : majestueuse et sauvage. C’est un flanc de montagne d’une cinquantaine d’hectares, sillonné par deux rivières qui se transforment par endroits en cascades, puis en piscines naturelles dans lesquelles les moins frileux peuvent se baigner.

On y retrouve des châtaigneraies centenaires ainsi que des terrasses ancestrales appelées faÿsses, souvenirs d’une époque où toute la vallée était habitée et exploitée. Sa végétation est extrêmement variée, parsemée de châtaigniers et de pins, des forêts denses de chênes aux landes emplies de genêts, il nous faudra un certain temps avant d’apprendre à reconnaître les arbustes qui nous côtoient.

D’une immensité qui nous dépasse, le terrain s’étend du milieu de la vallée jusqu’à la crête, à 1100m d’altitude, d’où l’on surplombe toute la région avec une vue panoramique à couper le souffle. 

C’est un terrain primaire, sans artifices et parfois un peu abrupt, mais c’est ce qui fait sa beauté : à nous de l’apprivoiser.

Réhabilitation des châtaigneraies

L’association reposant sur ses fonds propres, nous avons décidé de lancer une campagne de dons afin de nous aider à financer les travaux nécessaires à la réhabilitation d’une première châtaigneraie.

On ignore souvent que le châtaignier est un arbre qui n’est pas naturellement forestier, les sites où il abonde aujourd’hui sont en fait d’anciens vergers. Ces châtaigneraies vivrières plantées par l’homme entre le XVIe siècle et le début du XIXe siècle, ont eu pour vocation de nourrir les populations et animaux des moyennes montagnes du Sud de l’Europe.

Mais trente ans plus tard, les paysages castanéicoles sont de nouveau au cœur des préoccupations des collectivités locales et font l’objet de nombreuses mesures. L’enjeu est d’importance : maintien d’un paysage, d’un patrimoine bâti et de “la dimension ethnographique et non-reproductible des traditions sédimentées au long des siècles” (Le châtaignier, arbre du paysage, documentaire de l’université Toulouse-Jean Jaurès).

Le Groupe

En 2017 naît l’envie de monter un collectif pour acquérir un bout de terre à sauvegarder où nous pourrions expérimenter de nouvelles pratiques.

Le projet commence par du bouche à oreille, qui serait intéressé ?

Nous faisons passer le mot à nos ami.e.s et de fil en aiguille, un groupe hétéroclite se forme. On se rencontre, chacun.e avec ses envies et sa sensibilité pour créer en harmonie avec la nature un espace de partage et de création.

Une tournée de visites de terrains à travers la France s’organise et nous avons tou.te.s le même coup de coeur pour cette vallée enchanteresse.

Les envies de chacun.e y sont alors nombreuses : se former à l’élagage pour entretenir les arbres, à l’agriculture pour exploiter cette châtaigneraie de manière responsable, entretenir les terrasses existantes, mettre à disposition des surfaces à des apiculteurs et bergers locaux, à des artistes, à des chercheurs, faire sécher les fleurs de genêts à balais pour en faire des tisanes ou les transformer en huiles essentielles, exploiter le courant de l’eau pour imaginer un moyen de produire un peu d’énergie, créer des oeuvres de land art…

Ce qui nous rassemble c’est une vision commune.

Parti.e.s de l’idée d’investir un terrain pour nos expérimentations, on se confronte à la montagne et notre appréhension du paysage évolue.

Une question se pose : comment faire nos projets tout en limitant un maximum notre empreinte sur ce territoire ? Comment vivre avec lui ?

« Le tiers paysage n’est pas exactement quelque chose que l’on aménage, c’est quelque chose que l’on ménage. Ménager plutôt qu’aménager. Jardiner les possibles, prendre soin de ce qui se tente, partir de ce qui est, en faire cas, le soutenir, l’élargir, le laisser partir, le laisser rêver. »

Marielle Macé – Nos cabanes

Et d’autres : comment « gérer » ce bien à tant de personnes ? Comment prendre les décisions ? Doit on être d’accord ?

On se rend compte que nous devons inventer un modèle. Nous le souhaitons horizontal et privilégiant le consensus plutôt que la confrontation par le vote. Chacun.e, fort.e de ses expériences passées, apporte sa pierre à l’édifice de cette construction humaine. 

Intéressé.e ? Intrigué.e ?

Que ça soit pour nous poser plein de questions, pour nous rencontrer ou tout simplement pour nous envoyer de l’amour, n’hésite pas à nous écrire !